L'ancien premier ministre Laurent Fabius a mis en garde aujourd'hui contre "un triple coup de bambou" sur le plan social, fiscal et territorial que le gouvernement prépare, selon lui, pour le lendemain des élections régionales.
"Dès après les élections régionales, le gouvernement Sarkozy-Fillon prépare un triple coup de bambou", a-t-il déclaré à l'AFP, en marge d'un banquet républicain organisé à Rouen pour soutenir la liste du PS conduite par le président sortant de la Haute-Normandie, Alain Le Vern.
Le député de Seine-Maritime estime que sur le plan social vont intervenir "les licenciements aujourd'hui différés, la précarisation de la Fonction publique et la remise en cause des retraites". Sur le plan fiscal, il craint "la nouvelle taxe carbone et plusieurs prélèvements supplémentaires".
Enfin, côté territoires, il dénonce "la suppression des conseillers régionaux et le nouveau mode de scrutin antidémocratique" dans le cadre du projet de réforme des collectivités qui a commencé à être examiné par le Sénat.
Ce nouveau mode de scrutin prévoit l'élection dès 2014 au scrutin uninominal à un tour de conseillers territoriaux qui siègeraient à la fois dans les conseils généraux et les conseils régionaux.
(Extrait du courrier de Didier Marie Président du Département 76, adressé aux élus)
La première conséquence, c'est qu'à l'avenir, la part des entreprises dans la fiscalité locale passera de 51% à 27%, quand à celle des ménages (la votre) grimpera de 49% 73%
La seconde se traduira par une perte de liberté pour nos collectivités, privées de l'autonomie finacnière. Le Département dépendra pour plus de 80% des dotations de l'état.
La troisième sera une diminution continue de nos recettes entrainant un affaiblissement des services publics locaux et un recul important de l'investissement .....
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"Les élections régionales doivent être la réponse populaire au grave coup de massue social, fiscal et territorial que prépare le Gouvernement dès après ces élections": Laurent Fabius sur RadioJ
Laurent Fabius était l'invité du Forum Radio J ce dimanche. Il est revenu sur l'enjeu des élections régionales:
« Le Gouvernement prépare un coup de massue dès après les élections régionales, dans trois domaines.
D’abord le domaine social : le Gouvernement veut revenir sur le régime actuel des retraites et supprimer toute une série de règles qui s'appliquent aux fonctionnaires. En matière fiscale, le Gouvernement prépare une nouvelle taxe carbone qui pourrait être encore plus lourde que la précédente. En matière territoriale, il veut supprimer les conseillers généraux et régionaux pour instituer une sorte de « scrutin de voleurs » qui n’existe nulle part et qui favorise l’UMP ».
Laurent Fabius au Gouvernement : « Régression territoriale : nous ne vous laisserons pas faire ! »
Laurent Fabius défendait mardi, à l’Assemblée nationale, la Motion de rejet préalable déposée par les socialistes contre le premier texte du projet gouvernemental de régression territoriale.
« Vous avez choisi, contrairement au mouvement de décentralisation que nous connaissons depuis vingt-cinq ans, de confisquer le pouvoir, de le recentraliser, ce qui, d’une part, est contraire à toute perspective moderne et, d’autre part, s’inscrit dans un cadre plus général que j’ai appelé l’« égo-présidence ».
J’ai cru comprendre que ce gouvernement, et surtout ce Président de la République, n’aimaient pas beaucoup les contre-pouvoirs, qu’ils soient judiciaires, médiatiques ou parlementaires, et il en va de même avec les collectivités locales. Monsieur le secrétaire d’État, nous ne vous laisserons pas faire ! Nous sommes déterminés à défendre les collectivités locales, les élus et les citoyens. »
Laurent FABIUS, Coordinateur national du PS contre la réforme territoriale, Elisabeth GUIGOU, Secrétaire nationale chargée de la réforme de l’Etat et des collectivités territoriales, Jean-Claude PEYRONNET, Vice-Président de la Commission des Lois du Sénat ont tenu une conférence de presse lundi 18 janvier à la veille de la discussion du projet de loi de réforme des collectivités locales au Sénat et du texte de concomitance des renouvellements des conseils généraux et régionaux à l’Assemblée Nationale. Ils ont rappelé leur opposition à la régression territoriale proposée par le Gouvernement et ont annoncé le lancement du site de mobilisation www.defendonsnosterritoires.fr
Les cinq ressorts du sarkozysme': tribune de Laurent Fabius dans Le Monde de samedi 16 janvier
Plutôt que d’une méthode, je parlerai volontiers de ressorts.
Au commencement, il y a chez M. Sarkozy le mouvement, le culte du mouvement permanent. Chaque journée qui passe, chaque événement, personnalité ou dossier qui surgissent, lui fournit matière à mouvement. Côté positif, une énergie incontestable. Côté négatif, un sentiment de tournis. A partir de l’idée juste que la France doit évoluer et qu’il revient au chef de l'Etat de donner l’impulsion, s'est installée une sorte de quinquennat de l’agitation, sans objectifs bien hiérarchisés ni vrais progrès constatés, en particulier dans le domaine économique et social. Précarité, chômage, rapetissement du pays - qui ne sont pas dûs qu'à la crise : voilà le constat. Conséquence : une confusion s'établit entre "réforme" et "régression", qui éloigne les Français des changements pourtant indispensables. Le sarkozysme est d’abord un bougisme.(…)
La taxation des banques par le Gouvernement, c’est de la poudre aux yeux » : Laurent Fabius sur LCI aujourd’hui
Laurent Fabius était l’invité de Christophe Barbier sur LCI. Il est revenu sur les sujets d’actualité : le drame en Haïti, le port de la burka, la délocalisation de la ClioIV en Turquie par Renault, la taxation des banques.
« On nous a fait croire qu’on allait réellement taxer les bonus des banquiers. C’est de la poudre aux yeux. En réalité, le Gouvernement prélève aux banques seulement 1% de ce qu’elles ont gagné dans les trois premiers trimestres, alors qu’elles ont recommencé à spéculer et n’aident pas suffisamment les PME. Je demande que l’on reprenne la proposition des socialistes : une taxation de 10%.Un million de personnes vont arriver en fin de droits cette année. C’est colossal. Il faut augmenter la durée d’indemnisation du chômage. La taxation des banques pourrait contribuer à financer cette mesure. »
Le malaise des élus locaux est l’expression d’une lame de fond" : grande interview de Laurent Fabius au Monde
Interview parue dans le Monde du 21 novembre 2009 :
Chargé par le PS d’animer la mobilisation contre la réforme des collectivités locales, Laurent Fabius est redescendu dans l’arène. Cette semaine, l’ancien premier ministre s’est illustré en montant au créneau contre l’actuel locataire de Matignon. Cet activisme semble lui réussir. Dans le baromètre Ipsos-Le Point du 12 novembre, M. Fabius progresse de sept points (à 31 %).
La gauche a engagé l’épreuve de force sur la réforme des collectivités locales et la suppression de la taxe professionnelle. Ne craignez-vous pas d’être relégué dans le camp des conservateurs opposés au changement ?
« S’opposer à des lois de régression mais proposer une réforme alternative, ce n’est certainement pas un signe de conservatisme. Les textes du gouvernement constituent une triple régression. Financière, avec l’assèchement des ressources locales et la hausse programmée des impôts des ménages. Territoriale, avec la dégradation des services publics locaux. Et démocratique, avec un charcutage des cantons greffé sur un mode d’élection taillé sur mesure pour l’UMP.
Le malaise des élus locaux ressenti lors du congrès des maires n’est ni un prurit ni une anecdote, c’est l’expression d’une lame de fond. De gauche ou de droite, ils ne croient plus à la parole du gouvernement et ils sont inquiets pour ce pilier de l’identité française que sont nos collectivités locales. En outre, beaucoup ont été choqués de voir le président de la République prendre prétexte d’un déplacement à l’étranger pour éviter de rencontrer les maires de France, dans une période où il était bien présent à Paris pour assister à un match de football.
Il a expliqué pourquoi le projet gouvernemental de ‘réforme’ des collectivités territoriales est en réalité une « régression territoriale ».
« Je sens monter une grande inquiétude des élus locaux -qu’ils soient de droite ou de gauche- et des associations. C’est le début d’une lame de fond. » a-t-il indiqué.
« Le gouvernement, qui est dans une situation financière difficile, cherche à se défausser sur les collectivités locales, qui sont bien mieux gérées que lui. Les citoyens commencent à comprendre qu’avec cette régression territoriale, ils vont être surtaxés. Les maires ne savent pas comment ils vont pouvoir boucler leur budget. Quant aux associations, qui sont souvent dépendantes des subventions des collectivités, comment vont-elles survivre si demain le gouvernement coupe les vivres en supprimant la clause de "compétence générale" ?
Retrouvez l'intégralité de l’intervention de Laurent Fabius sur laurent-fabius.net.
« Le grand emprunt veut surtout dire ‘Grand endettement’» : Laurent Fabius sur RMC - BFM TV
Laurent Fabius était l'invité de Jean-Jacques Bourdin dans la matinale RMC info-BFM TV, lundi 9 novembre à 8h30. Il est revenu sur les grands sujets d’actualité : commémoration de la chute du Mur de Berlin, finances de l’Etat, proposition socialiste d’une imposition supplémentaire de 10% sur les banques qui font à nouveau des bénéfices, grand emprunt…
« La situation des finances de l’Etat est cataclysmique » a expliqué Laurent Fabius. « Alors que la France emprunte déjà un milliard d’Euros tous les jours, on nous propose un nouveau grand emprunt, qui est surtout une grande opération de communication.
En réalité, le Gouvernement nous prépare des taxes sur le futur, des taxes sur les assurés sociaux, des taxes sur les collectivités locales. Taxes sur le futur : l’emprunt, il faudra bien le rembourser ! Taxes sur les assurés sociaux : cette année, le déficit est de 30 milliards d’Euros, il faudra bien le combler ! Taxe sur les collectivités locales, à qui l’on dit : maintenant, vous allez payer ce que l’Etat ne veut plus financer. »
Retrouvez l'intégralité de l’intervention de Laurent Fabius sur laurent-fabius.net.
Déclaration de Laurent FABIUS, ancien Premier Ministre, coordinateur du Parti socialiste sur la réforme territoriale
Cela fait déjà plusieurs semaines que les socialistes contestent les projets recentralisateurs du Gouvernement et les modalités de suppression de la taxe professionnelle.
Plusieurs élus de droite, sensibles aux réalités locales, viennent de nous donner au moins en partie raison. Tant mieux !
Il est temps que le Gouvernement nous entende et remanie profondément ses projets dans le sens d'une vraie décentralisation.
Il est temps qu'il opère un réel changement sur le remplacement de la taxe professionnelle : nous demandons que soit assurée aux collectivités locales une ressource satisfaisante de remplacement, nous demandons le maintien d'un lien entre la fiscalité des entreprises et leur assise locale, nous demandons un effort particulier envers les entreprises industrielles.
Nous rappelons à M. Sarkozy que, si la ténacité est une qualité, l'entêtement devant les réalités ne l'est pas.
« Le projet de recentralisation du Gouvernement est jugé illégal par le Conseil d’Etat » : Laurent Fabius sur France Info
Laurent Fabius était ce matin l’invité politique de France Info, à 8h15. Il a expliqué que le projet gouvernemental de réforme des collectivités locales, « projet de recentralisation, va avoir des conséquences redoutables pour nos concitoyens puisque l’impôt des ménages va augmenter, et pour les collectivités qui seront étranglées financièrement ».
Laurent Fabius a également apporté un élément nouveau et important au débat : « J'ai là la décision qui a été prise la semaine dernière par le Conseil d'Etat, la plus haute instance en matière de droit administratif, sur le projet de loi. Elle dit en substance: 'économies zéro, simplification zéro, manipulation électorale, oui'. Le Conseil d’Etat dit notamment que ‘Le mode de scrutin projeté [par le Gouvernement] est de nature à porter atteinte à l'égalité comme à la sincérité du suffrage’.
"Si le gouvernement veut démentir ce que je suis en train de dire, qu'il le fasse. Sinon cela veut dire que la plus haute instance juridique de la Nation dit : ‘le projet de loi est illégal et contraire aux principes constitutionnels’, et le Conseil des Ministres fait comme si de rien n'était. C'est extrêmement grave."
Retrouvez l’intégralité de l’intervention de Laurent Fabius en vidéo sur www.laurent-fabius.net.
Laurent Fabius au Gouvernement : « Vous voulez faire adopter des lois de recentralisation »
Question de Laurent Fabius au gouvernement posée le 21 octobre 2009 à l’Assemblée nationale, sur le projet de réforme des collectivités territoriales :
« Monsieur le Premier ministre,
Hier, Monsieur le Président de la République a présenté les projets concernant ce qu'il appelle la "réforme territoriale" et qu'il vaudrait mieux nommer les lois de recentralisation.…)
Recentralisation dans le domaine financier : ce que vous proposez pour remplacer la taxe professionnelle, de même que d'autres dispositions de la loi de finances, vont plonger des centaines et des centaines de collectivités locales dans des difficultés quasi-insolubles et charger davantage les ménages. Et cela, alors même que ces collectivités sont mieux gérées que l'Etat : elles n'affichent pas, elles, un déficit de 140 milliards d'euros ! »
Retrouvez l’intégralité de la question de Laurent Fabius au gouvernement, en vidéo sur www.laurent-fabius.net.
"Il faut aller vers un acte II de l’Union économique et monétaire" : discours de Laurent Fabius à Athènes - 13 octobre 2009
Dans un discours prononcé aujourd’hui à Athènes au Centre de recherches de politiques progressistes, Laurent Fabius revient sur l’euro, son histoire, ses forces et ses faiblesses actuelles. Relevant que la crise démontre autant le succès de l'euro que l’insuffisance de la coordination économique en Europe, il explique pourquoi il faut désormais aller vers un acte II de l'Union économique et monétaire.
« Dix ans après son lancement, l'euro est à la fois une évidence et une source d'étonnement. L'évidence est dans nos poches : ces pièces, ces billets, nous les manions désormais sans difficulté. L'étonnement, ce n'est pas la devise elle-même - après tout, la monnaie et surtout l'échange sont aussi anciens que la Cité - ce qui frappe, c'est le chemin accompli en relativement peu de temps pour installer notre monnaie unique européenne mais aussi une certaine myopie par rapport aux difficultés qui l’attendent. »
« Il faut une gestion politique de la monnaie européenne
Laurent Fabius était l’invité de la Matinale de France Inter, en direct ce matin. Interrogé par Nicolas Demorand, Thomas Legrand et Bernard Guetta, il est revenu sur les grands sujets d’actualité : le projet du Gouvernement sur les collectivités locales, les émeutes à Poitiers, le référendum d’initiative populaire que les socialistes demandent sur la privatisation de la Poste, et le problème de l’Euro cher.
Sur ce dernier point, Laurent Fabius a lancé « un signal d’alarme. Contrairement à ce que l’on entend, l’Euro n’est pas fort : il est cher. Il atteint presque 1,50 dollars, ce qui est catastrophique pour l’industrie française et européenne. Cette question n’a même pas été effleurée au sommet de Pittsburgh alors qu’elle va devenir déterminante. Est en train de se profiler un G2 où les Etats-Unis et la Chine mènent la barque, alors que l’Europe est écartée. Il faut une gestion politique de la monnaie européenne. »
« Ce budget se résume en deux mots : injustice et irresponsabilité.
L'injustice : après les ordinateurs, les clés USB et le poisson, le gouvernement veut maintenant taxer les indemnités liées aux accidents du travail. Il aggrave le forfait hospitalier. Il impose lourdement les classes moyennes et les personnes modestes. Et il continue à épargner les contribuables les plus fortunés avec le bouclier fiscal.
Quant à l'irresponsabilité, elle saute aux yeux, avec le niveau sans précédent des déficits et de l'endettement. D'autant plus que se profile pour les mois à venir une sorte de budget « bis » avec le "grand emprunt" qu'il vaudrait mieux appeler le "grand endettement" ! »
Un pouvoir exorbitant et incompétent" : grande interview de Laurent Fabius au Journal Du Dimanche
« (…) Il serait intéressant de poser à nos concitoyens quelques questions simples. Par exemple : estimez-vous que le Président a tenu ses engagements sur la hausse du pouvoir d’achat? Sur la baisse des impôts? Sur le renforcement du rôle du Parlement? Sur l’impartialité de l’Etat? Sur l’emploi et le dialogue social? Sur l’indépendance de la justice? Sur la moralisation du capitalisme? Sur l’accession des Français à la propriété de leur logement? Sur la lutte contre l’échec scolaire? Sur la revalorisation du travail? C’étaient les dix premiers engagements du candidat Sarkozy: aucun n’a été tenu. Nous avons affaire à un Président qui gouverne pour quelques-uns, un pouvoir malheureusement à la fois exorbitant et incompétent. (…) »
Le projet de réforme de La Poste est catastrophique
interview de Laurent Fabius au Parisien
Donner à la Poste des moyens financiers supplémentaires tout en garantissant
son caractère à 100 % public... franchement, c’est un projet
que vous auriez pu porter lorsque vous étiez aux affaires ?
Non. Je suis absolument contre. Ce projet n’apporte aucune garantie pérenne
sur le caractère à 100 % public de la Poste. Le précédent
de Gaz de France est éloquent : la main sur le coeur, le président
de la République avait affirmé que GDF resterait public. L’entreprise
a été privatisée et l’on a vu les effets sur les prix
du gaz !
« Les tricheurs » : nouvel article sur le blog ’50-50’
de Laurent Fabius
« On peut approuver ou non la politique générale de M.
Sarkozy ; on peut apprécier ou non sa personnalité ; mais, face aux
deux décisions électorales essentielles qu’il s’apprête
à prendre, on ne peut avoir qu’une réaction indignée
: ce sont des opérations de tricheur. (…)»